L’enjeu de la prospective (1/3)

par | Oct 16, 2016 | billet | 0 commentaires

« La question est de savoir qui sera le prochain petit con en sweat à capuche qui va venir défoncer mon modèle économique. » Ces mots, que nous confiait récemment, sur le ton de la confidence, le directeur général d’une entreprise brick and mortar, sont la preuve que le vieux monde a les genoux qui tremblent. Aujourd’hui, un Mark Zuckerberg en claquettes donne à Davos des leçons de business à des patrons engoncés dans leur costard-cravate, l’ouragan Uber ravage tout sur son passage, et Airbnb propose deux fois plus de chambres que le leader mondial de l’hôtellerie… sans pour autant posséder la moindre chambre d’hôtel.

La marge brute qui coule à flots sans qu’on ait à bouger un orteil et les dividendes qui remplissent tout seuls les poches des actionnaires risquent d’être bientôt un lointain souvenir. Désormais, pour continuer à alimenter la machine, il va falloir faire preuve de jugeote. Autrement dit, pratiquer une discipline jadis réservée aux oracles : la prospective. Certaines entreprises commencent à être de bonnes élèves dans cette matière difficile. Ça tombe bien : l’idée n’est pas seulement de brainstormer, mais de survivre. Encore faut-il vouloir – et pouvoir ! – bousculer les certitudes, faire évoluer les pratiques et les mentalités, y consacrer des budgets non négligeables, transformer la culture d’entreprise et s’interroger sur son niveau d’aversion au risque.